jeudi 19 juin 2014

70mm à la Cinémathèque Française : reportage


John Huston lors du tournage de The Bible en format Dimension 150 (D-150).
En ouverture de la rétrospective du 70mm à la Cinémathèque Française levendredi 13 juin à Paris, c'est le film Le tour du monde en 80 jours qui devait être présenté. Une oeuvre enfantine pas particulièrement passionnante si ce n'est de part sa technique. En effet, c'est l'un des rares films de toute l'histoire du cinéma a avoir été tourné en 70mm à la fréquence de 30 images par seconde. En raison de cette difficulté technique, les techniciens et maîtres projectionnistes de la salle Henri Langlois, l'une des dernières au monde à être équipée d'un projecteur 70mm compatible avec tous les formats, se sont refusés à projeter le film par soucis de qualité (c'est tout à leur honneur). En effet, après de nombreuses manipulations et d'essais, la mise en oeuvre de la projection du film s'est avérée être beaucoup plus compliquée que prévue et nécessitait en particulier l'usinage d'une pièce spéciale. Néanmoins, tout n'est pas perdu puisqu'il est possible que le film soit projeté à la fin de la rétrospective, soit en juillet prochain. Croisons les doigts.


C'est donc finalement PATTON qui a ouvert le bal avec une projection éblouissante. Ce long métrage 70mm de Franklin J. Schaffner dont le scénario a été écrit par Francis Ford Coppola, est le second tourné à l'aide du procédé Dimension 150 (le premier étant THE BIBLE). Cette technologie arrivée en 1966 aux USA apporta un nouveau type d'optique ayant la faculté de moins déformer l'image avec un angle de vision de 150 degrés horizontal et d'apporter plus de précision dans les angles et avec moins d'aberrations chromatiques qu'avec les optiques utilisées sur le Todd-Ao des prémisses (dès 1955). Le procédé nécessitait un écran courbe pour un piqué optimal en projection (ce qui n'est plus le cas aujourd'hui en projection numérique). La captation de ce film à grand spectacle a été un véritable succès à l'époque et de nombreuses salles s'équipèrent d'écran courbe par la suite.

Revenons à la projection de la Cinémathèque Française. Dans la salle, certains spectateurs venaient visiblement de très loin pour assister à cette projection exceptionnelle. Certains fans du 70mm affichaient fièrement un logo Cinérama sur leur polo et échangeaient avec passion en attendant le début de la projection.

En prélude à la projection de Patton, une petite présentation du format 70 mm a été donnée par Jean-Pierre Versheure, grand spécialiste du format (voir notre vidéo).

La projection présentait un point central clairement flou pendant le premier quart d'heure du film, ce qui est apparu assez gênant, sachant surtout que l'ouverture du film débute sur le discours du général Patton, centré au milieu de l'image... Mais l'image est devenue de plus en plus piquée au fur et à mesure de la mise en température de la lampe jusqu'à devenir chirurgicale malgré l'écran de la salle Henri Langlois inadapté à la projection de ce type de format. Ce film fera certainement merveille lorsqu'il sortira en format Ultra HD ou Blu-ray 4K! D'ailleurs, le nouveau master du film utilisé sur l'édition Blu-ray américaine (zonée A et sans sous-titres français, disponible chez HD LAND) est époustouflant de piqué!


Le lendemain de la projection de Patton (samedi 14 juin), c'est le film mythique 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE (2001: A SPACE ODYSSEY) de Stanley Kubrick qui était présenté, dans une salle comble. La projection était d'une qualité assez moyenne et surtout avec une bande sonore saturée particulièrement dans les haute fréquences, parfois à la limite du supportable. Il aurait été selon nous beaucoup plus judicieux de remplacer les 6-pistes magnétiques par la bande son audio du Blu-ray... Quoi qu'il en soit, ce fût pour moi un pur bonheur de revoir ce film de 1968 que je n'avais pas vu depuis plus de 10 ans! 
Les effets spéciaux optiques et pellicule sublimes (merci Douglas Trumble), la première utilisation de musique classique sur de la SF, le silence de l'espace et la respiration du spationaute sont autant de trouvailles de génie qui ont largement contribué à l'ascension du film jusqu'au plus hautes marches du Panthéon du cinéma mondial. Le Blu-ray actuel commence à dater et présente un léger DNR. Il serait intéressant de pouvoir bénéficier d'une nouvelle édition Blu-ray restaurée. Messieurs les éditeurs, si vous nous lisez...


La projection de GOYA était clairement ratée : image floue, non restaurée, son très mauvais. Et comme le film n'est franchement pas une réussite, certains spectateurs ont préféré abréger leur souffrance en sortant de la salle à la moitié du film. 

La projection suivante ANNA KARÉNINE (ANNA KARENINA), a été retardée en raison de problèmes de sous-titres. Après pratiquement une heure d'attente, j'ai préféré partir et me faire rembourser. 

La rétrospective du 70mm se poursuit ce soir à la Cinémathèque Française à 20h avec la projection du film LA MÉLODIE DU BONHEUR (THE SOUND OF MUSIC), chef-d'oeuvre de la comédie musicale dont les éditions Blu-ray US et FR proposent une exceptionnelle qualité d'image. Il sera intéressant de pouvoir comparer la projection 70mm avec l'image du film en Blu-ray.

Voir la programmation officielle du festival 70mm...


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