samedi 11 décembre 2010

Samsung SP-A8000 test

 
Introduction

Le nouveau projecteur Samsung SP-A8000 reprend les principales caractéristiques techniques du modèle SP-A800B, la 3D en plus. Comme le bus de la puce DC2 (DarkChip2) n'est pas dimensionné pour le flux 1080p 120 Hz, le SP-A8000 utilise un bus légèrement différent mais la puce reste globalement la même avec le même taux de contraste que celle utilisée dans le SP-A800B. Le SP-A8000 intègre également la puce additionnelle de série 8 des téléviseurs de la marque qui apporte la conversion 2D/3D ainsi que des filtres d'upscaling.

Mais par rapport au modèle SP-A800B, le nouveau modèle 3D n'est pas certifié JKP. Joe Kane a en effet décidé de se retirer de l'aventure Samsung principalement en raison de la politique commerciale particulière de la marque sur les vidéoprojecteurs. Cette collaboration entre Samsung et le gourou de la vidéo américain avait pu en particulier apporter des possibilités de calibrage vidéo professionnelles.

Le SP-A8000 reprend une partie des spécifications techniques qui ont fait le succès de son prédécesseur SP-A800B auprès des professionnels de l'image, à savoir : une puce DMD de grande taille 0.95", une optique d'exception, un chemin de lumière parfaitement optimisé pour une uniformité totale, un switch de Gamuts, un filtre d'isolation des couleurs numériques (Blue-only, Red-only, Green-only), et panneau d'informations ultra-complet.

Caractéristiques techniques
- 1920x1080
- matrice single-chip DLP 6 segments DarkChip 2 (DC2) DMD 0.95"
- Contraste de 10 000:1
- 1000 lumens
- Switch de gamuts
- Blue-only / Green-only / Red-only
- Détection auto du dématriçage couleur (en Y’CbCr)
- 3 réglages de gamma
- Iris auto et manuel
- Lampe 300W (2000h)
- Bruit - 25 dBA / - 30 dBA

Divers
Dimensions (Net) : 432 x 212 x 479 mm
Dimensions (Brut) 565 x 300 x 515 mm
Poids (Net) : 9.8 kg
Poids (Brut) : 10,8 Kg


Design

Le design du SP-A8000 est strictement identique à celui du modèle 2D SP-A800B. La robe noire laquée de la coque donne un aspect incontestablement haut de gamme à l'appareil. Les lignes galbées de sa carrosserie et son optique centrée lui donne un air de voiture de course. Sous l'appareil se trouve une large molette placée à horizontale permettant de manoeuvrer manuellement un généreux lens shift vertical. Les pieds en caoutchouc sont dévissables afin de pouvoir ajuster parfaitement l'alignement horizontal de la machine. A l'arrière se trouve le panneau de connectiques facilement accessible et légèrement renfoncé afin de protéger les câblages.


Menus

L'interface graphique est complètement différente de celle du SP-A800B et reprend le design de l'interface propre aux téléviseurs de la marque. La navigation est selon nous beaucoup moins intuitive et pratique que celle conçue par Joe Kane pour le SP-A800B. Néanmoins on y retrouve la plupart des options indispensables comme les mémoires utilisateurs, le switch de gamut, l'isolation des couleur (Red/Green/Blue-only) et le panneau d'information super complet du modèle précédent.


Télécommande

La télécommande est physiquement identique à celle du SP-A800B mais les boutons sont sensiblement différents. On y trouve en particulier une touche "3D" en lieu et place de la touche "S-Vidéo". Un petit bouton phosphorescent flanqué d'une ampoule permet de rétro-éclairer l'ensemble des boutons de la télécommande. Le capteur infrarouge du projecteur est excellent et reçoit parfaitement le faisceau y compris à longue distance ou par réflection sur l'écran.


Référence télécommande SP-A800B : BP59-00130A
Référence télécommande SP-A8000 : BP59-00130C

Connectique

Par rapport au SP-A800B, la version 3D du projecteur dispose d'un panneau arrière légèrement différent. Le port S-Vidéo s'est transformé en port de synchro 3D externe. On trouve aussi sous le port RS-232 un port Service, une sortie audio mini-jack et des entrées audio analogiques à côté de l'entrée vidéo-composite.


Colorimétrie

La colorimétrie en sortie de carton est identique à celle des modèles SP-A800B et SP-A900B, soit d'un excellent niveau qualitatif proche de l'idéal. Côté fonctionnalités de calibrage vidéo, les fonctions de réglages du point blanc est toujours présente.

Le point blanc D65 (température couleur) est relativement linéaire de 10 à 100 IRE. Mais cette colorimétrie est sublimée une fois calibrée. En effet, le projecteur dispose de toutes les options de réglages nécessaires pour obtenir une colorimétrie idéale. Outre les maintenant classiques réglages de gain et de saturation des couleurs primaires pour le point blanc D65, le Samsung SP-A8000 dispose d'une fonction de calibrage avancé nommée CCA (Comprehensive Color Adjustment) accessible par le menu usine. Le calcul du CCA est a été mis au point par TI (Texas Instruments) et est disponible sous forme de licence. Pour le moment, très peu de projecteurs disposent de cette fonction qui est normalement réservé aux vidéoprojecteurs DLP de cinéma numérique. La fonction permet de régler les couleurs primaires non pas en valeurs de Hue, Saturation et Gain (comme l'on peut trouver sur les vidéoprojecteur équipés d'une fonction de type CMS), mais en valeurs xyY. Néanmoins, si cette fonction est extrêmement performante, elle nécessite l'intervention d'un professionnel de la vidéo contrairement aux fonctions CMS qui sont plus accessibles au grand public.

Pour calibrer les couleurs primaires, le professionnel du calibrage prend tout d'abord une série de mesures des couleurs primaires et du blanc via les mires internes du vidéoprojecteur. Il entre ensuite les données dans le menu CCA qui se charge automatiquement de calculer le repositionnement des couleurs primaires via un algorithme complexe, du point blanc et des couleurs secondaires tout en respectant l'ensemble des valeurs d'échelle des points de saturation intra-gamut. D'autre part, le calcul est réalisé sur le gamut 2D mais aussi sur la profondeur 3D de celui-ci. Ainsi, les 3 gamuts vidéo (SMPTE-C, EBU, HDTV) et la température couleur peuvent être calibrés à la perfection pour ensuite être switchables à volonté en fonction de l'étalonnage des vidéos affichées.

Grâce à cette fonction, il est possible d'obtenir une colorimétrie parfaite, respectueuse des normes colorimétriques.

Comme la base du projecteur est strictement identique à celle du SP-A900B, nous vous proposons de vous référer aux mesures de ce dernier (images ci-dessous).



Dématriçage couleur

Une fois n'est pas coutume, le vidéoprojecteur dispose d'un mode d'isolation de couleurs complet pour les trois couleurs primaires. Le dématriçage couleur du vidéoprojecteur est facilement vérifiable en utilisant les modes Blue-only, Red-only et Green-only sur une mire de barres de couleurs. On peut ainsi se rendre compte de la parfaite justesse du dématriçage couleur du vidéoprojecteur Samsung que ce soit en SD (ITU-R BT.601) ou en HD (ITU-R BT.709). Le dématriçage couleur de l'appareil est identique à celui du modèle SP-A800B, c'est à dire parfait.



Contraste

Si les chiffres de contraste natif donnés par les constructeurs sont généralement très optimistes, il en va tout autre en ce qui concerne les valeurs des mesures faites sur vidéoprojecteur parfaitement calibré à D65 et avec gamut réglé sur SMPTE-C calibré lui aussi. En effet, si par exemple la primaire verte donne une valeur de luminance excédant la valeur juste telle qu'elle est définie par les normes vidéo, la valeur de contraste mais aussi de la luminosité en seront faussées inévitablement. Ainsi, dans ces conditions de mesures, on est bien loin des valeurs constructeurs farfelues.

Bien que le contraste natif ne soit pas au niveau de celui d'un JVC, le contraste intra-image est excellent. L'image est très dynamique et très dense tout en conservant une très bonne lisibilité dans les noirs. Le contraste intra-image associé au gamma à 2.5 renforce la sensation de netteté procurant une image au rasoir sans pour autant que le réglage de netteté soit poussé (réglé à 0).


Iris Dynamique

Le projecteur dispose d'un iris dynamique désactivable. Les effets de pompage sont très peu visibles mais pourront gêner certains utilisateurs et en particulier sur l'affichage des sous-titres qui changent soudainement de luminosité. La colorimétrie est également affectée bien que là aussi cela ne soit que peu perceptible par la plupart des spectateurs. Il est donc conseillé de le désactiver. Néanmoins dans ce cas, la sensation de contraste sera moins bonne et les noirs pourront paraître bien gris en particulier en mode 2D (moins flagrant en mode 3D).


Luminosité

Le "flux lumineux" (valeur absolue de luminosité non liée à une taille précise et aux incidences des réflexions parasites) est de 550 Lumens à D65 en valeur réelle.


Gamma

Le Samsung SP-A900B JKP Special Edition est l'un des rares vidéoprojecteur grand public à être capable de restituer correctement le véritable gamma à 2.5 (celui des moniteurs de référence Sony BVM). Après réglages, la courbe de gamma est alors quasi parfaite. Le gamma à 2.5 permet de donner une densité d'image et une immersion impossible à restituer en gamma à 2.2 que l'on trouve généralement dans les vidéoprojecteurs home cinéma classiques. Ce gamma à 2.5 parfaitement bien tenu sur le SP-A8000 permet de donner une toute autre dimension à l'image et de renforcer le contraste intra-image. En mode 3D, le mode cinéma est tenu également pour peu que l'iris soit ouvert et que la lampe soit réglée en mode HAUT. Néanmoins, certains utilisateurs préféreront utiliser une courbe de luminance moins prononcée (2.2).



Bruit intra-image

La technologie DLP, de part l'utilisation de micro-miroirs DMD pivotants à grande vitesse, génère généralement du bruit intra-image dans les basses lumières. Malgré l'utilisation d'une puce DMD DC2, le bruit est quasi-invisible à l'œil nu, y compris à 5 IRE et à quelques dizaines de centimètres de l'écran.


Spectre lumineux de la lampe

Idéalement en vidéo, le spectre lumineux doit être au plus proche de celui d'un CRT. La lampe du Samsung SP-A8000, identique à celle des SP-A800B et SP-A900B a fait l'objet d'une étude de recherche particulière et son spectre est au plus proche de celui d'un moniteur vidéo de référence de type BVM, utilisé en studio de post-production et d'étalonnage. Le prix de la lampe reste néanmoins très abordable et bien moins cher que celui d'une lampe au Xénon, qui reste la référence mais d'un prix exorbitant.


Optique

Les réglages de l'optique sont malheureusement toujours manuels aussi bien pour le lens-shift que pour le zoom et le focus. Il aurait été intéressant d'avoir un réglage électrique au moins sur le focus surtout vu la précision de celui-ci. De même, une mémoire de zoom comme l'on trouve sur certains rares vidéoprojecteurs aurait été appréciable. Heureusement, la qualité de l'optique et du chemin de lumière sont au rendez-vous.
Le lens shift est uniquement vertical. Le parti pris de Samsung à ce sujet est tout à fait justifié car c'est le seul moyen d'obtenir une image uniforme et piquée comme seul ce vidéoprojecteur sait le faire. Le lens shift vertical est lui, extrêmement généreux (environ 80%). Mais pour des raisons qualitatives, il est recommandé de le positionner le plus au centre de l'optique possible. On peut ainsi obtenir le meilleur du vidéoprojecteur.
Concernant le zoom, il est également conseillé de le positionner à mi-course pour les afficher meilleurs résultats possibles. Contrairement à certains projecteurs d'autres marques comme JVC, le Samsung n'a pas de cache de protection d'optique motorisé.


Piqué d'image

Comme sur le SP-A800B, le piqué du nouveau vidéoprojecteur Samsung SP-A8000 est excellent y compris dans les coins de l'image là où habituellement les aberrations chromatiques ou déconvergences sont nombreuses. Ce piqué d'image s'explique par la grande qualité du chemin de lumière d'une part et par la qualité de fabrication des lentilles d'autre part. Ce superbe piqué permet de respecter totalement la résolution originale des sources 1080p y compris sur les mouvements grâce à la faible rémanence de la technologie DLP. Le piqué d'image du SP-A8000 reste néanmoins inférieur à celui de la version JKP des projecteurs SP-A900B et SP-A800B.


Uniformité

L'uniformité du vidéoprojecteur est excellente quelque soient les mires affichées (couleurs primaires et secondaires, blanc, noir, et niveaux de gris) et ce, aussi bien en colorimétrie qu'en luminance. Rarement nous avions vu une telle uniformité sur un vidéoprojecteur, y compris sur d'autres vidéoprojecteurs DLP bien plus chers.


Fluidité

La fluidité native est très bonne mais nous avons détecté des micro-saccades régulières quelques soient la source et la fréquence (23,976 Hz, 24,000 Hz, 50 Hz, 59,94 Hz). Nous avons bien entendu essayé plusieurs câbles sans succès. Espérons que le constructeur sortira une mise à jour permettant de corriger ce mystérieux problème. Néanmoins, ces micro-saccades ne gêneront que les spectateurs les plus sensibles. Comme sur les téléviseurs LED de la marque, plusieurs réglages d'amélioration de fluidité assez convaincants sont disponibles. Néanmoins, certains utilisateurs pourront être gênés par le rendu très vidéo lié à ces filtres.



AEC


Les AEC, effets d'arc-en-ciel générés par la rotation de la roue chromatique, sont très peu perceptibles sur ce modèle et particulièrement en 3D où le contraste intra-image est plus réduit. Néanmoins, les plus sensibles pourront les trouver en les cherchant, en particulier sur les scènes sombres (bougies, flammes...).


Panneau d'informations

Comme sur les modèles précédents, le panneau d'informations est ultra-complet. En plus des informations classiques, on y trouve par exemple le type de matriçage du signal HDMI (Y'CbCr ou RBG), la fréquence d'image (24p, 50 Hz, 60 Hz), la température couleur, et le gamut utilisé.


3D

Tous les modes 3D classiques sont proposés (Side-by-Side, Top-Bottom, Séquentiel). Comme sur les téléviseurs Samsung, le mode séquentiel s'active automatiquement. Au niveau diascopie (effets de ghost), la technologies DLP présente l'avantage de n'avoir pratiquement aucun temps de latence. il en résulte un rendu 3D sans aucun défaut de dédoublage comme on peut le voir sur les téléviseurs LED de la marque. Si l'on active le mode lampe HAUT de la lampe, la luminosité est très acceptable jusqu'à 2,3 m de base (sur écran sans gain). Nous avons même testé sur pratiquement 3 m de base avec une lentille anamorphique avec des résultats acceptables. En utilisant un écran à gain, la luminosité est renforcée d'autant, ce qui est très appréciable en 3D. Le Blu-ray d'Avatar 3D est particulièrement impressionnant sur ce projecteur avec notamment une très belle profondeur. Très peu de fatigue visuelle lié à l'utilisation des lunettes 3D n'est à déplorer.


Le modèle que nous avons testé était livré avec un émetteur infrarouge externe. Nous ne savons pas encore si le modèle final sera livré avec cet émetteur ou s'il sera proposé en option.



Conclusion

Avec ce nouveau modèle de vidéoprojecteur, Samsung déçoit un peu. Si le mode 3D est plutôt efficace, le piqué idéal et la colorimétrie toujours aussi bonne, on regrettera amèrement l'utilisation d'une puce DC2 qui commence sérieusement à être dépassée et donne des noirs beaucoup trop clairs par rapport à la concurrence actuelle. On regrettera aussi l'utilisation de nouveaux menus bien moins ergonomiques que ceux conçus par Joe Kane sur les modèles précédents. Le SP-A8000 rate donc de peu l'Award HD LAND. Nous espérons que la future version SP-A9000 (puce DMD DC4) comblera ces manques.

Nous avons aimé
- Le mode 3D efficace
- La colorimétrie en sortie de carton
- Le piqué d'image
- L'uniformité

Nous aurions aimé
- Des mires internes JKP
- Une meilleure fluidité (micro-saccades)
- Un meilleur contraste natif
- Un mode 2.35:1 compatible 3D

Voir le sujet dédié sur le forum HD LAND...

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