jeudi 19 septembre 2019

Critique de JOHN WICK PARABELLUM (2019) de Chad Stahelski


💡 À savoir :

John Wick Parabellum est le troisième Ă©pisode de la licence du fameux malchanceux le plus badass du cinĂ©ma d’action contemporain. Suite directe toujours rĂ©alisĂ©e par Chad Stahelski (ancien cascadeur, il avait Ă©tĂ© la doublure de Keanu Reeves pour ses cascades dans Point Break et dans les Matrix) dĂ©jĂ  Ă  la barre pour manier les deux prĂ©cĂ©dents opus, on reconnaĂ®t bien encore une fois ici la patte artistique du rĂ©alisateur.

C’est Ă©videmment Keanu Reeves (Matrix) qui reprend son rĂ´le sous les traits d’un John Wick (AKA Baba Yaga) plus en dĂ©tresse que jamais. Du haut de ses 54 ans, il faut croire que le poids des annĂ©es n’atteint pas tout le monde de la mĂŞme manière car malgrĂ© son âge, il a tout de mĂŞme effectuĂ© 98% de ses cascades dĂ©mentielles Ă  l’Ă©cran!

S’il donne Ă  nouveau la rĂ©plique Ă  Ian McShane (American Gods) en tant que Winston le directeur de l'hĂ´tel Continental, ou Ă  son ancien acolyte matrixien Laurence Fishburne (The colony) qui interprète encore le Bowery King, nous pouvons Ă©galement compter sur un casting qui s’agrandit. En effet, Halle Berry (Kidnap) lance ses chiens d’attaque en jouant le rĂ´le de Sofia, et l’antagoniste principal, Zero, est incarnĂ© par l’impassible Marc Dacascos (Crying Freeman) qui nous avait bien manquĂ© en salle. MĂŞme Angelica Houston (Adams Family), la directrice, vient prĂŞter main forte Ă  John.

Ayant dĂ©jĂ  prouvĂ© ses aptitudes hors du commun pour la bagarre Ă  maintes reprises aux yeux du public depuis la saga des Matrix, Keanu Reeves nous montre encore ici ses talents en arts du combat, et cette fois-ci, la part belle est faite aux affrontements en groupe, contrairement aux duels singuliers des deux chapitres antĂ©rieurs. Ainsi, il a dĂ» s'entraĂ®ner durant cinq mois aux arts martiaux (Kung-fu, Wushu et Silat IndonĂ©sien) et au maniement des armes afin de rester crĂ©dible lors des chorĂ©graphies millimĂ©trĂ©es. 

Le titre “Parabellum” vient du vieil adage latin : “Si vis pacem, para bellum”, qui signifie “Si tu veux la paix, prĂ©pare la guerre”.

Dans le tout premier long-mĂ©trage, John Wick comptabilisait aux alentours de 80 victimes au compteur, le deuxième augmentait le score Ă  environ 130 exĂ©cutĂ©s, ce troisième Ă©pisode n’en compte finalement que 95 Ă  peu près. Pourquoi cette soudaine diminution vous demanderez-vous? Eh bien parce que dans ce Parabellum, John fait Ă©quipe avec deux acolytes diffĂ©rents, qui en connaissent eux aussi un rayon en terme de tueries de masse et se partagent les points. Donc au final, si l’on compte au nombre total de cadavres, on dĂ©passe très probablement les 200 macchabĂ©es cette fois. Autant dire qu'Ă  ce niveau de massacre, il aurait mĂŞme de quoi tenir en respect un certain Thanos.

John Wick, un homme qui a du chien!

đź“– L’histoire :

Lors du dernier film, John Wick a transgressĂ© une règle fondamentale : il a tuĂ© un des membres de “la grande table”, organisation des plus grandes mafias du monde, Ă  l’intĂ©rieur mĂŞme de l’enceinte du Continental hotel, zone d'asile pour tous les plus grands malfrats et meurtriers internationaux. Finissant ainsi "excommuniĂ©", il est banni du Continental et de ses services, et sa tĂŞte est mise Ă  prix pour 14 millions de dollars. Il se retrouve poursuivi et traquĂ© sans relâche sur plusieurs continents par tous les plus dangereux tueurs de la planète. 

Seul contre tous les pires assassins, il va alors chercher de l’aide parmi ses connaissances passĂ©es, ce qui nous en apprendra un peu plus sur la mystĂ©rieuse origine du personnage Ă©voquĂ© par petites bribes dans les deux anciens volets. Il apprendra Ă  ses dĂ©pens que dans la vie, il y a “des règles, et des consĂ©quences”.

Le calme avant la castagne.

📹 Réalisation / mise en scène :

La rĂ©alisation et la mise en scène, tout comme dans ses deux prĂ©dĂ©cesseurs, ne souffrent d'aucune faute, et sont mĂŞme Ă  la limite de la perfection totale, n'ayons pas peur des mots. Une telle maĂ®trise absolue de l'imagerie et de l’esthĂ©tique gĂ©nĂ©rale se doit d'ĂŞtre saluĂ©e d'emblĂ©e.

De New York Ă  Casablanca, les dĂ©cors sont vraiment sublimĂ©s, mĂŞme complètement magnifiĂ©s par des plans de camĂ©ra bien larges, bien cadrĂ©s et symĂ©triques, des jeux d’ombres et de lumières somptueux, et une colorimĂ©trie ultra-soignĂ©e. MalgrĂ© le traitement photographique splendide de tous ces paysages variĂ©s, les environnements respirent le rĂ©el et le naturel, ce qui nous changera agrĂ©ablement des dĂ©cors virtuels sous fond vert devant lesquels les acteurs rĂ©els sont bien souvent mal incrustĂ©s Ă  l’image.

Les combats sont d’une violence glaçante, expĂ©ditive, sauvage, originale, mĂ©thodique, Ă©pique et jubilatoire. Les cadrages sont impeccables, d'une lisibilitĂ© sans faille pour pouvoir suivre les chorĂ©graphies collĂ©giales très distinctement Ă  l'Ă©cran, sans jamais trembler. Quant au montage, il nous laisse admirer et profiter de longs plans-sĂ©quences sans jamais abuser de changements de plans Ă©pileptiques toutes les trois secondes. John Wick improvise et utilise absolument tout ce qui peut lui tomber sous la main sur le moment pour mettre Ă  mal les hordes de mĂ©chants, Ă  tel point que mĂŞme Jackie Chan pourrait en rougir de jalousie. Toujours dotĂ© de sa "grande concentration et dĂ©termination" Ă  toute Ă©preuve, John n'est pas invincible pour autant et s'en prend Ă©galement plein la figure. Mais cela ne l'empĂŞche pas de ne laisser que des corps sans vie partout oĂą il va, et il trouve toujours la manière la plus stylĂ©e pour les semer sur son chemin, un vrai carnage jouissif.

L'ambiance musicale reprend les thèmes de la saga et c'est toujours autant prenant, en accord fusionnel avec le suspense ininterrompu.

Le scĂ©nario plutĂ´t basique se rĂ©sume de nouveau en une grande course-poursuite sous pression, et sert surtout de prĂ©texte pour enchaĂ®ner les scènes d’action toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Mais cela n’entache pas l'intĂ©rĂŞt du spectateur pour le dĂ©roulement du rĂ©cit. En effet l'Ă©volution du dĂ©veloppement gĂ©nĂ©ral nous fait ressentir de l’implication en accompagnant la tristesse et la rage de son protagoniste, maudit par son esprit de vengeance. 

Les dialogues sont Ă©conomisĂ©s avec une classe inouĂŻe et se payent le luxe de rester minimalistes. Effectivement, le film n’est pas bavard et prĂ©fère montrer directement les choses plutĂ´t que de se perdre en longues explications inutiles, mais chaque rĂ©plique semble raisonner comme une excellente punchline dans le script.

Mais dis-donc, il n'y a pas un chat ici !

💛 Impression générale :

Encore une fois Chad Stahelski redonne ses lettres de noblesse au cinĂ©ma d’action. Il prouve ici qu’au delĂ  des prĂ©tentieux Fast and Furious et autres The expendables, Ă  plusieurs centaines de millions de dollars pour de l'esbroufe visuelle frisant le ridicule et le grotesque, il y a bel et bien encore de la place pour des productions modestes de très grande qualitĂ©. Ici il s'agit d'un "simple" film d'action qui dispose d’un budget bien plus rĂ©duit que ses concurrents, mais qui pourtant transpire l’amour du septième art Ă  chaque minute.

Sorti en 2014, le premier John Wick avait rapportĂ© plus de 88 millions de dollars de recettes mondiales alors qu'il en avait coĂ»tĂ© 30. Sa suite, John Wick 2, s'est avĂ©rĂ©e encore plus lucrative en engrangeant pas loin de 171 millions de dollars, pour un coĂ»t de production estimĂ© Ă  40 millions. Ce troisième Ă©pisode aura coĂ»tĂ© 75 millions, pour un score final au box-office atteignant les 320 millions. Il a mĂŞme Ă©tĂ© celui qui aura finalement fini par dĂ©trĂ´ner Avengers : Endgame de sa première place au box-office après de nombreuses semaines. Avec de tels bons scores fortement mĂ©ritĂ©s, nul doute qu’un quatrième opus devrait voir le jour prochainement et nous apporter son lot de tueries en règles. La seule question serait de savoir, combien de temps allons-nous devoir patienter maintenant? “Tick Tock Mister Wick !”

J'ai besoin... d'armes. Un maximum d'armes!
🏆 Notes parmi l'équipe :

Damien

Laurent


Critique rédigée par Damien


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