jeudi 3 octobre 2019

Critique de GODZILLA 2 ROI DES MONSTRES (2019) de Michael Dougherty


💡 À savoir :

Godzilla 2 Roi des Monstres est la suite du reboot Godzilla réalisé par Gareth Edwards, et sorti en 2014. Il représente également le trente-cinquième long métrage centré sur le fameux lézard géant (sachant que 32 viennent du studio japonais Toho et trois d'Hollywood).

RĂ©alisĂ© cette fois par Michael Dougherty (Krampus), cet Ă©pisode alimente l’univers cinĂ©matographique du “MonsterVerse” (Monster Universe) distribuĂ© par la Warner Bros et produit par Legendary. Univers d'animaux mutants gigantesques, qui avait dĂ©butĂ© avec la fameuse dernière version actualisĂ©e de Godzilla, et s’est ensuite enrichi avec Kong : Skull Island en 2017.

Nous retrouvons Ken Watanabe (Inception) qui reprend son rĂ´le de Docteur Ishiro Serizawa qu’il tenait dĂ©jĂ  dans le prĂ©cĂ©dent volet. Ă€ part lui, tout le casting fait peau neuve puisque nous faisons la connaissance du père de famille Mark Russel, jouĂ© par Kyle Chandler (Demain Ă  la une), de son ex-femme docteur Emma Russel, interprĂ©tĂ©e par Vera Farmiga (Conjuring), ainsi que de leur fille Madison incarnĂ©e par Milly Bobby Brown (Stranger Things). 

Quand tu aurais mieux fait d'attendre le prochain ascenseur.

đź“– L’histoire :

2014 Ă  San Francisco, l'histoire s’ouvre directement sur un flashback d’Ă©vĂ©nements alternatifs, qui se sont dĂ©roulĂ©s en parallèle durant la fin du film prĂ©cĂ©dent. Nous y dĂ©couvrons alors notre petite famille Russel en bien mauvaise posture puisqu’ils doivent faire face Ă  un drame familial tragique durant les affrontements destructeurs de Godzilla pour dĂ©fendre l’humanitĂ©, avant qu’il ne retourne se cacher dans l’ocĂ©an.

2019, l'agence crypto-zoologique appelĂ©e "Monarch" doit faire face Ă  l’Ă©veil de nombreux animaux ancestraux titanesques, qu’ils conservaient dans leur sommeil et qu’ils surveillent dans leur habitat naturel, tout cela dans le plus grand secret. 

La pauvre famille Russel, dĂ©chirĂ©e depuis la tragĂ©die, se trouve alors mĂŞlĂ©e Ă  un dĂ©tournement Ă©co-terroriste qui va les mener tous les trois dans une course poursuite effrĂ©nĂ©e sur les traces de ces crĂ©atures chimĂ©riques. Ils devront alors faire Ă©quipe avec Monarch pour pouvoir aider Godzilla Ă  affronter son pire ennemi, Ghidorah dragon-hydre cosmique menaçant toute l’humanitĂ© d’extinction, et Ă  reprendre son trĂ´ne lĂ©gitime parmi ce règne animal hors du commun.

Toute l'Ă©quipe de Monarch, tous tendus comme un arc.

📹 Réalisation / mise en scène :

La rĂ©alisation de ce “film catastrophe” essaye de rectifier ce qui avait Ă©tĂ© reprochĂ© au premier reboot de la franchise Godzilla il y a 5 ans : le fait de ne pas assez voir les bestioles dĂ©mesurĂ©es, pourtant censĂ©es ĂŞtre les stars du show. Ici, mĂŞme si on nous dĂ©voile le bestiaire fantastique petit Ă  petit en crescendo, les combats Ă©piques des mastodontes restent omniprĂ©sents et ont bel et bien de quoi satisfaire pleinement les amateurs les plus fĂ©rus des films de “KaijĹ«” (en japonais “bĂŞte mystĂ©rieuse” ou “bĂŞte Ă©trange” style très largement popularisĂ© par Godzilla qui en est le digne ambassadeur).

L'intrigue est clairement divisĂ©e en deux parties distinctes dont la qualitĂ© oscille inĂ©galement, pour un rĂ©sultat final en dents de scie. 

En effet, d’un cĂ´tĂ© nous pouvons ĂŞtre Ă©poustouflĂ©s et Ă©bahis par la grandeur des affrontements des colosses qui laissent sans voix. Les effets spĂ©ciaux sont aux petits oignons, les visuels sont grandioses, emplis de symbolique relativement explicite. Nous en prenons vraiment plein les mirettes et les esgourdes face Ă  ces destructions de masse rarement Ă©galĂ©es dans ce type de production. Quelques thèmes musicaux classiques de la licence nippone ont mĂŞme Ă©tĂ© repris lorsque certaines scènes d’action atteignent leur paroxysme. On pourrait Ă©ventuellement se sentir un peu lassĂ© voire oppressĂ© par une overdose d’environnements virtuels sous fonds verts, devant lesquels les acteurs rĂ©els ressortent quelquefois un peu trop artificiellement, ce qui n'aide pas Ă  l'immersion.

Ces péripéties nous font voyager tout autour du globe, les décors sont principalement composés de vastes mégalopoles en ruines, filmées en grand angle pour avoir un beau point de vue général, avec de très jolis cadrages et une ambiance colorée post-apocalyptique particulièrement saisissante.

Mais de l’autre cĂ´tĂ©, celui des humains, nous pourrions dĂ©plorer une Ă©criture des textes nĂ©gligĂ©e et des personnages bien trop improbables. Le message Ă©cologique de l’oeuvre nous est balancĂ© de la manière la plus primaire et simpliste qui soit, en faisant de l’alarmisme de bas Ă©tage sous fond de prĂ©sentation Powerpoint. Le fil conducteur du rĂ©cit s’appuie sur un combo de “fuites et poursuites”, sans arrĂŞt tout au long de l'aventure, donnant un rythme bien trop soutenu, sans rĂ©el temps mort pour dĂ©compresser. Les hĂ©ros ont un charisme qui frĂ´le le nĂ©ant absolu, avec des caractères lunatiques totalement incohĂ©rents, et des dialogues plutĂ´t illogiques, cette partie n’est vraiment pas crĂ©dible et assez inintĂ©ressante. Nous n’arrivons pas Ă  nous identifier Ă  ces personnages ni Ă  ressentir d’empathie pour eux, si l’on tient compte de leurs dilemmes moraux hasardeux et de leurs motivations incomprĂ©hensibles.

Ghidorah, roi des hydres! 

💛 Impression générale :

En demi-teinte, cette Ă©nième reprĂ©sentation de notre reptile mutant cracheur de feu prĂ©fĂ©rĂ© sur grand Ă©cran, ne marquera pas forcĂ©ment l’histoire. En tĂ©moignent ses rĂ©sultats moyens au box office puisqu'il a rapportĂ© "que" 385 millions de dollars pour en avoir coĂ»tĂ© 170 millions de dollars (hors marketing auquel nous pourrions rajouter facilement 100 millions). Ainsi, cette dĂ©cevante rĂ©ception du public pourrait sĂ©rieusement remettre en cause la production de Godzilla vs Kong, qui est censĂ© ĂŞtre dĂ©jĂ  prĂ©vu pour 2020 et faire suite Ă  ce Godzilla 2 : Roi des monstres et qui devrait enfin rĂ©unir les deux bĂŞtes mythiques Ă  l’Ă©cran.

Heureusement, certains des duels les plus grandioses face Ă  ses ennemis les plus rĂ©putĂ©s, pourraient bien rester quand mĂŞme dans les mĂ©moires. ExceptĂ© ces scènes dantesques, tous les autres aspects sont oubliables, mais cela ne choque pas outre mesure, car il ne semble pas que cette licence ai pu atteindre cette rĂ©putation et cette notoriĂ©tĂ© depuis 65 ans, en comptant sur l’excellence et la subtilitĂ© de ses scripts.

Ghidorah Versus Godzilla! Duel au sommet!

🏆 Notes parmi l'Ă©quipe :

Damien


Critique rédigée par Damien




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