Edmond Murray, divorcé, s’est éloigné de son ex-femme et de son fils de 7 ans pour poursuivre une carrière internationale. Lorsque le garçon disparaît, Murray revient précipitamment dans les Highlands. Rapidement, il devient clair que l’enfant a été kidnappé. Il se lance alors dans une traque qui l’obligera à aller au bout de lui-même et à remettre en cause toutes ses convictions…
Réalisé par le surdoué Andy Muschietti, déjà aux commandes de l'opus précédent en 2017, ce réalisateur fait partie de la nouvelle vague marquant le renouveau du cinéma d’horreur espagnol. Avant l’épisode initial de Ça il y a deux ans, Andy n’avait fait ses preuves qu’en réalisant uniquement l’effrayant Mamà en 2013, mais il pouvait alors compter sur un producteur délégué particulièrement reconnu, ce très cher Guillermo del Toro (Le labyrinthe de Pan).
Ces deux films d’épouvante sont des nouvelles versions "revisitées" des deux téléfilms de 1990, Ça et Il est revenu où le clown sadique était personnifié par un Tim Curry (Maman j’ai encore raté l’avion) au meilleur de sa forme quand il s'agissait de traumatiser plusieurs générations pendant plus de 25 ans.
Tous sont adaptés du roman "Ça" de l’illustre écrivain Stephen King, qui comptait l’intégralité du combat entre le Club des Losers et le terrifiant Grippe-sou, de l’enfance à l’âge adulte. Ce livre fut la meilleure vente littéraire aux états-unis durant l’année de sa publication en 1986. Ces dernières représentations modernes sur grand écran se veulent sensiblement plus fidèles que les téléfilms d’il y a 30 ans par rapport au récit original de l'éminent compteur d’histoires lugubres.
D'ailleurs, Stephen King lui-même fait une brève apparition rigolote en cameo dans ce second volet, il n'en tiendra qu'à vous de le reconnaître.
Cette fois les rôles des chérubins devenus des grandes personnes, sont tenus par des acteurs qui ont fait leurs preuves. Ainsi, nous découvrons que James McAvoy (Split) interprète un Bill qui n’a apparemment rien perdu de son bégaiement. Jessica Chastain (X-Men : Dark Phoenix dans lequel elle donnait déjà la réplique à James McAvoy) joue une Beverly encore choquée et fragilisée par ses expériences malheureuses d'antan. Bill Hader (La nuit au Musée 2) fait un Richie névrosé, cinglant et cynique histoire de mieux cacher son secret qu’il pense inavouable. Jay Ryan, principalement habitué à jouer dans des séries TV (Beauty and the Beast), incarne ici le petit Ben qui, en dépit de sa transformation physique depuis l’enfance, reste enfermé dans sa solitude, rongé par ses complexes d’obésité qui le poursuivent. James Ranson (Oldboy) quant à lui, est Eddie, et conserve toute sa nervosité et son tempérament à tendance hypocondriaque. Isaiah Mustafa (Le rêve du chanteur masqué) endosse le rôle de Mike, celui qui va tous les réunir à nouveau autour de leur périlleuse mission commune. Enfin, c’est Bill Skarsgard (Divergente 3) qui rendosse le costume putride de l’effroyable clown dansant Grippe-Sou (PennyWise en version originale).
Je ne sais pas pour vous, mais personnellement il ne m'inspire pas trop confiance 🤔
📖 L’histoire :
27 ans se sont écoulés depuis que les membres du Club des Ratés ont vaincu l’abominable Grippe-Sou.
Cette victoire a laissé un goût très amer à notre bande de joyeux camarades, même une fois l'âge mûr atteint.
En effet, maintenant tous adultes, le groupe avait fini par se séparer et quitter leur ville de Derry, s’éparpillant sur le continent afin d’oublier cette expérience traumatisante qu’ils avaient vécue. Dorénavant, ils essaient de vivre leur vie tranquillement, tout en continuant à lutter contre leurs démons du passé qui les rattrapent.
Mais c’était sans compter sur la réapparition inattendue de l'histrion sanguinaire dans la ville où ils ont grandi.
Seul Mike était resté sur place depuis tout ce temps pour continuer à surveiller, et il se trouve que ses craintes profondes finirent par se matérialiser puisque c’est lui qui apprend le retour de l’ignoble créature en premier, et qui fait donc en sorte de réunir le fameux Club des Losers à nouveau.
Ils s’étaient tous faits cette promesse d’en venir définitivement à bout dans le pire des cas où "il" finirait par revenir. Seulement pour mener leur dangereuse mission à bien, ils devront d'abord recoller les morceaux enfouis de leur mémoire lointaine. Etant donné que notre équipe d'amis partagent tous, à différents niveaux, une amnésie commune, ils vont devoir improviser chacun leur tour face à l'affreux clown métamorphe toujours autant manipulateur. Amateur forcené de torture psychologique, il entretient plus que jamais son goût prononcé pour l'hémoglobine. Arriveront-ils à surmonter leurs plus terribles angoisses de sorte à pouvoir respecter leur pacte de sang, et occire cette entité mystérieuse et diabolique une bonne fois pour toutes?
Club des Losers, RASSEMBLEMENT !!!
📹 Réalisation / mise en scène :
Ce deuxième chapitre est bien ancré dans la continuité de celui qui le précède. Ainsi, nous y retrouvons la ville de Derry abîmée par le poids des années tout comme nos héros empreints de mélancolie.
Le défi de faire cohabiter deux époques distinctes dans le même récit était difficile à réaliser. En effet, il fallait jongler judicieusement entre le présent se déroulant à notre époque, et les flashbacks omniprésents qui se déroulent 27 ans plus tôt. Force est de constater que cette partie là est parfaitement maîtrisée de bout en bout, tant les allers-retours dans le temps qui sont offerts aux yeux du spectateur, s’enchaînent avec fluidité et justesse. Les différents plans de transitions temporelles utilisés sont plutôt discrets mais astucieusement tournés.
Les relations entre les personnages sont souvent touchantes, imprégnées de nostalgie, et les rendent attachants, comme lorsque nous assistons à leurs émouvantes retrouvailles. L’alchimie se ressent énormément le peu de fois où nous les voyons tous réunis ensemble, cependant l'intérêt retombe bien vite face aux intrigues s’attardant (bien trop) longuement sur les têtes d'affiche. Ce découpage qui développe les traumas de nos perdants préférés, est franchement irrégulier. Dosage maladroit qui met à l'écart certains des protagonistes relégués au rang de quasi-figurants, complètement inutiles voire même inexistants, tandis que les états d’âme des autres se voient à peine effleurés, de par l’atrophie générale de l’écriture.
Les acteurs essayent de faire au mieux avec le peu de dialogues inspirés qu'ils ont, ce qui ne contribue pas vraiment à nous identifier à ces personnalités bien trop maigrement dépeintes. Néanmoins, leur prestation reste à saluer puisque, malgré ces raccourcis scénaristiques et quelques séquences inutilement chronophages, il faut bien reconnaître qu’ils font bien le boulot en bonne et due forme, et que leur palette d’émotions reste interprétée de manière saisissante. Nous pouvons aussi assister à une romance triangulaire sobrement développée, qui apporte un bonus non négligeable dans la narration, sans tomber dans le piège classique d'une mièvrerie dégoulinante.
L’imagerie monstrueuse autour de l’immonde croque-mitaine, souffre également d’instabilité tellement elle peut largement osciller entre le gros malaise bien étudié pour un rendu extrêmement dissonant, et le ridiculement grotesque malgré lui. Effectivement, sur ce point, les fameuses apparitions de Grippe-Sou font monter insidieusement la tension, et instaurent une ambiance pesante et inquiétante parsemée de lenteurs bienvenues, jusqu’à ce que chacune de ces scènes se terminent en apothéose à base de “jump scare” (bruit + image soudaine dans le but de faire sursauter) bien bourrins qui débordent d’images de synthèse pas nécessairement très crédibles.
Il est assez dommage que ces passages déchirant le tissu de la réalité ne maintiennent pas leur atmosphère malsaine jusqu'à leur point culminant, et se terminent mécaniquement en déluge soudain d’effets spéciaux numériques qui brisent le naturel et nous sortent totalement de l’intensité graduelle de l'action. Cela donne parfois davantage l’impression d’être devant une adaptation des bouquins d’épouvante “Chaire de poule” issus de la littérature jeunesse, que devant une adaptation d’un des plus célèbres ouvrages du roi de la peur, j'ai nommé Sir Stephen King. Les quelques répliques “humoristiques” ciblées pour désamorcer les enjeux lors des plus hauts pics de suspense, n’aident pas non plus dans l’immersion et l’implication du public.
Au clair de la Lune, mon ami Pierrot !
💛 Impression générale :
Inégal, ce Ça : chapitre 2 fait manifestement moins l’unanimité dans cette suite. Moins attachant, moins surprenant, et moins terrifique, le long-métrage suit strictement le même schéma narratif que son prédécesseur, du début à la fin, ce qui peut s’avérer relativement lassant. Hélas, la répétition cyclique de ces passages rend l’action redondante et donc forcément ultra prévisible.
Heureusement il arrive à ajouter une touche de nostalgie poignante au sein de son scénario, ce qui apporte un renouveau fort bienvenu dans cette course poursuite infernale "en dents de scie" d'une durée assez poussive de 2h50.
Ça, avait rapporté 700 millions de dollars au box office en 2017 pour un minuscule budget de 35 millions de dollars autrement dit, il avait réussi l’exploit de multiplier sa mise par 20.
Ce deuxième opus se dote d’un budget qui a plus que doublé, atteignant les 80 millions de dollars, pourtant cette fois il ne rapporta “que” 450 millions de dollars au box office, soit un peu plus de 5 fois sa mise de départ.
Par conséquent, le record battu par l’oeuvre antérieure pour le meilleur démarrage d’un film d’horreur de tous les temps, ne sera décidément pas réitéré ici, car au final les foules ne se seront pas précipitées en masse dans les salles obscures ce coup-ci hélas.
En même temps il fallait s'y attendre, dans une telle saga horrifique, à y suivre une clique qui se fait surnommer le Club des "Losers", évidemment qu'on ne peut pas gagner à tous les coups.
Si l’on compte les trois films sur le mythique Wolverine, et les deux consacrés au trublion Deadpool, ce X-Men : Dark Phoenix se classe comme le douzième épisode de la saga complète, et donc la septième production ciné centrée sur les X-Men.
C'est le cinéaste Simon Kinberg qui signe ici sa toute première réalisation cinématographique, et qui succède à Bryan Singer qui avait réalisé les deux derniers films consacrés aux fameux mutants : X-Men : Apocalypse et X-Men : Days of Future Past. Mais il faut préciser que la célèbre franchise ne lui était pas inconnue puisqu'il avait déjà œuvré en tant que scénariste et/ou producteur sur X-Men : L'affrontement final, X-Men : Le commencement, X-Men : Days of Future Past, X-Men : Apocalypse, Deadpool et Deadpool 2.
Pour le reste, nous retrouvons le casting de nos jeunes apprentis que nous connaissons maintenant depuis quelques épisodes. Ainsi James McAvoy (Glass) joue toujours le rôle de l'extralucide professeur Charles Xavier, et Michael Fassbender (Assassin’s Creed) ré-endosse le costume de son éternel rival Erik Lehnsherr, le charismatique Magneto. Et les meilleurs élèves de l’école des X-Men répondent de nouveau à l’appel puisque Sophie Turner (Game of Thrones) incarne le fameux phoenix Jean Grey, Jennifer Lawrence (Hunger Games) retrouve la(les) peau(x) de Raven (AKA Mystique). Nicholas Hoult (Mad Max) interprète une fois de plus le fauve Hank McCoy, Tye Sheridan (Ready Player One) porte encore les lunettes spéciales du cyclope Scott Summers, et Alexandra Shipp (Shaft) jette un froid sous les traits de Tornade. La distribution compte une nouvelle antagoniste, Jessica Chastain (Interstellar) parfaite en glaçante et cruelle Vuk.
Cette adaptation a apparemment connu de nombreux problèmes à gérer durant le tournage. Certaines actrices ont témoigné du fait que des dialogues et des passages entiers étaient réécrits et remaniés sur le plateau au jour le jour, au dernier moment. On peut même souligner la fin alternative prévue initialement qui a finalement été entièrement remplacée en urgence car elle aurait fait trop echo à la fin de Captain Marvel sorti seulement quelques semaines avant dans les salles obscures.
Quand voyager dans l'espace te fiche une peur bleue.
📖 L’histoire :
En 1975, Jean Grey encore enfant, provoque un malencontreux accident de voiture entraînant un accident dramatique. Terrorisée et rendue orpheline, la fillette est recueillie par le professeur Charles Xavier, qui lui présente alors son institut spécial.
1992. Profitant de leur statut public et officiel de héros sauveurs de l'humanité, Charles Xavier envoie l'équipe de ses meilleurs aspirants héroïques sur des missions dont le dangerosité monte crescendo. À la demande du Président des États-Unis, ils sont envoyés dans l'espace, chargés de secourir les passagers d’une navette échouée, apparemment prise dans une éruption solaire. Lors de ce sauvetage périlleux, Jean Grey frôle la mort tandis qu'elle est frappée par ce qui s’avère être, en réalité, une étrange force cosmique inconnue. Une fois rentrée au QG, cette force la rend non seulement infiniment plus puissante, mais aussi bien plus imprévisible. En lutte avec cette entité qui la possède, Jean libère petit à petit ses pouvoirs d’une manière qu’elle ne peut ni comprendre ni contenir. Alors qu'elle devient incontrôlable, elle finira même par faire du mal à ceux qu’elle aime le plus.
Avec cette famille en train de se briser, les différents clans vont devoir trouver un moyen de s’unir non seulement pour sauver l’âme de leur amie Jean Grey, mais également pour sauver la Terre des mystérieux antagonistes qui souhaitent s’emparer de cette puissance afin d'accomplir leur dessein funeste.
Ba alors Professeur Xavier, on ne met pas son gilet jaune comme ses petits camarades?
📹 Réalisation / mise en scène :
Ici, la réalisation soignée et la mise en scène minutieuse s’avèrent vraiment très bien travaillées. L'univers est traité avec respect, et les enjeux avec sérieux.
Cette façon de filmer l’action avec énormément de caméra à l’épaule nous change des mouvements de caméra nets et fluides associés à une photographie lisse dont nous avions l’habitude dans les précédents volets (et dans la plupart des blockbusters). Cela donne davantage d’immersion et de réalisme dans les scènes, en affichant cette impression de rendu visuel de type “documentaire”.
L'action épique et les effets spéciaux sont au top, la tension extrême est palpable à chaque réveil du phoenix.
L’esthétique générale est plus sombre qu’à l’accoutumé ce qui colle parfaitement avec le sujet de l’intrigue plutôt tourmentée et mature.
D’ailleurs, nous accordons une mention spéciale au compositeur Hans Zimmer qui, après avoir déjà signé préalablement la bande originale de 6 longs-métrages adaptés de comics, s’est complètement surpassé pour celle de ce X-Men : Dark Phoenix. En effet, il nous livre là un magnifique thème musical absolument mémorable, à la fois prenant et enivrant qui reste fortement en tête.
Les costumes sont bien rendus, et les décors sont assez communs mais ils ont le mérite de paraître authentiques.
L’histoire paraît tellement plus adulte que les précédents X-Men. Portée principalement sur ses personnages attachants et les relations qu’ils entretiennent entre eux, on y fouille la nature profonde de la personnalité ambigüe et de l’attitude paternaliste et patriarcale du possessif professeur Xavier, et on y accompagne les états d’âmes torturés de Jean Grey qui expliquent son comportement tumultueux. Tous les protagonistes ont énormément d'épaisseur, de profondeur, ce qui renforce totalement la crédibilité et la cohérence des dialogues. Il n'y a pas une seule réplique qui manque, ni en trop. Ici, aucune vanne bas de plafond pour désamorcer le suspense, et cela ajoute largement à la crédibilité du récit, car nous restons électrisés, tenus par des enjeux véritablement pris à cœur de bout en bout.
La nouvelle crème anti-ride : un effet volcanique! Parce que je le vaux bien.
💛 Impression générale :
Pour une énième nouvelle suite, qui finissent un peu par tous se mélanger à la longue, les 1h45 de cette grosse production grandiose se suivent avec attention, tout en se démarquant des autres. Aucune longueur ressentie, tout s’enchaîne de manière exemplaire, avec un rythme effréné particulièrement prenant.
Si l’on prend en exemple les 3 derniers volets en date, le premier reboot sur la jeunesse des héros, X-Men : Le commencement avait rapporté 355 millions dans le monde via sa sortie en salles, sa suite X-Men : Days of Future Past 748 millions et le troisième opus X-Men : Apocalypse 543 millions. Au final, ce X-Men : Dark Phoenix s’est effondré à 246 millions de dollars au box office mondial, remboursant à peine son coût total de production. Autant dire que ce bide monumental fort injuste, et vraiment pas mérité du tout, mettra certainement un terme définitif à la carrière sur grand écran de notre bande de mutants dans des films qui leur sont uniquement dédiés.
Suite au rachat de la 20th Century Fox par The Walt Disney Company, cet opus a dû être redéfini comme la conclusion et ultime volet de la saga lancée en 2000 par Bryan Singer avec le premier X-Men. De ce fait, les mutants devraient être intégrés à l'Univers cinématographique Marvel et ainsi avoir droit à un reboot.
L’idée d’un troisième reboot de cette série en l’espace d’une petite vingtaine d’années peut paraître regrettable au premier abord, mais s’imaginer notre groupe de mutants rejoindre l’équipe des Avengers pourrait s’avérer intéressant pour ré-insuffler un certain nouveau souffle aux prochaines phases du Marvel Cinematic Universe.
Equipes réunifiées, c'est parti pour la bagarre! Let's get ready to rumble!